L’animatrice de Racines mauriciennes, Valérie Deschamps, nous propose de l’accompagner à travers son périple en Mauricie alors qu’elle va à la rencontre de Pierre, Louise, Simone et bien d’autres personnes aînées de notre territoire à la recherche des histoires fascinantes du monde ordinaire; ces histoires qui au fil du temps ont tricoté notre identité collective régionale. Cette série est produite par La Gazette de la Mauricie et présentée par la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie. Elle est aussi rendue possible grâce à la contribution du Gouvernement du Québec et de son programme Québec ami des aînés.


Claire et Richard Boucher, fondateurs de l’érablière qui est aujourd’hui devenu la Ferme du Loup.
Cette jeunesse-là, autant dire que les Boucher l’ont passée entre les vaches et les chaudières d’eau d’érable. Travailler sur la ferme faisant face à l’érablière en toute saison et dans la montagne avec vilebrequin et chalumeau à la main au printemps. « La première cabane à sucre ici, que mon grand-père avait bâtie, était en bardeaux de cèdre et a brulé. Mais mon père l’a rebâtie » raconte Richard. Et comme toute bonne cabane à sucre du milieu du XXe siècle, la modernité des machineries appartenait encore au futur. « Je me souviens, quand j’étais jeune, on ramassait l’eau d’érable avec les chevaux. Le cheval là, contrairement au tracteur, quand il décide d’avancer, ça avance. Y s’en est bin renversé de l’eau d’érable. Quand ça décolle, ça décolle. Ça fait que « wouff ». Le branlement de l’eau dans le fond de la tobe, ça faisait « flick-e-flack ». Aweille toé l’eau à terre ! » se souvient Richard en riant. « Aussi, quand on était jeune, on revenait de l’école pis on sautait dans nos bottes et on venait ramasser l’eau d’érable et donner un coup de main, si on peut dire » conclue-t-il. Le travail et le goût de l’érable c’est de famille pour les Boucher. « On dirait qu’on a ça dans le sang. Je ne sais pas, on est venu au monde comme si on était tombé dedans. Un peu comme Obélix. » répond Richard. L’essence de l’érable, c’est ancré en eux. « On avait toujours, 365 jours par année, du sirop d’érable sur la table. C’était une norme pour nous! » ajoute Claire. Elle raconte d’ailleurs à quel point ça « « grouillait » toujours de monde » tant dans la demeure familiale qu’à l’érablière. Famille et ami.e.s étaient toujours de la partie. Parce que si, comme le chantait Albert Viau en 1941, « on n’est jamais de trop pour goûter au sirop », on n’est aussi jamais de trop pour ramasser les chaudières d’eau… « d’éra-a-ble ». Comme quoi que, faire les sucres, c’est rassembleur. C’est une source de bonheur et ça a toujours un p’tit goût de souvenir, un p’tit quelque chose de familial… voire de national. Parce que si le sirop d’érable ramène des souvenirs à Claire et Richard, il en ramène toujours et contribue à en créer de nouveaux aujourd’hui pour de nombreux Québécois et Québécoises. —– Merci infiniment à Simon Piotte, Patrice Plouffe et Clara Bonnes de la Ferme du Loup pour l’accueil et la dégustation de leurs produits!


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