La Gazette de la Mauricie, en collaboration avec le Pôle d’économie sociale Mauricie et la Caisse d’économie solidaire Desjardins, vous présente la série Cap sur l’innovation sociale. Dans chacune de nos parutions d’ici juin 2018, nous mettrons en lumière un projet ou une initiative entrepreneuriale qui répond de façon originale à un besoin de notre collectivité. Voici le quatrième de la série de neuf reportages.
Panser les plaies d’autrefois

Liliana et Antoine Claudel écoute attentivement le récit de Madeleine lors de leur dernière journée au Domaine Notcimik.
Crédits : David Denis Dufresne
Une rencontre avec Madeleine, « l’âme » du Domaine Notcimik, permet de saisir la raison d’être du lieu. Madeleine est née à La Tuque. Dès le lendemain de sa naissance, sa mère l’emmenait dans la forêt un peu au nord de Wemotaci, sur le bord de la rivière Saint-Maurice. Elle allait y passer une partie de son enfance avant d’être envoyée dans un pensionnat indien. « Cela a été un drame. Cela a vraiment été un déracinement pour nous, les enfants », raconte-t-elle. Dans ce contexte, la mise sur pied du Domaine Notcimik permet un peu de panser les plaies d’autrefois. « La mission du domaine s’inscrit dans un esprit de vérité et de réconciliation. Elle vise à créer un lieu de diffusion de la culture atikamekw dans un environnement naturel et sécuritaire », explique Madeleine.
Transmettre les traditions autochtones
Le déracinement provoqué par le système de pensionnats constitue en quelque sorte le début de l’affaiblissement de la transmission de la culture autochtone. « Madeleine et moi constations une perte de la sagesse autochtone au fil du temps. Chez nos petits-enfants, la culture atikamekw est plus diluée », avoue Alain, le mari de Madeleine et « les bras » du Domaine Notcimik. Grâce à ce domaine, les Atikamekw, mais aussi les membres des autres nations autochtones, les Québécois de toute origine et les touristes étrangers disposent d’un lieu exceptionnel de partage interculturel. Et ce lieu ne bénéficie pas qu’aux visiteurs. « Je suis en train de me redécouvrir, de découvrir ma culture, ma langue par des enseignements que je reçois », révèle Madeleine au sujet des retombées personnelles de son projet, qui est né officiellement en 2015.
Une visite marquante
Le Domaine Notcimik offre une variété de types d’hébergement à ses visiteurs dont une tente prospecteur atikamekw, des tipis sioux et un magnifique capitowan (maison longue). Il propose aussi une diversité d’activités traditionnelles autochtones. Les rencontres et les échanges demeurent néanmoins les principaux attraits du Domaine Notcimik. C’est l’avis, du moins, des membres de la famille Claudel, qui sont partis à reculons, les larmes aux yeux et imprégnés profondément par leur rencontre avec Madeleine et Alain. www.domainenotcimik.com


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